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Connaissez-vous… ? | 03.12.2010 - 23 h 36 | 9 COMMENTAIRES
Connaissez-vous… Miwa ?
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Bon, il fallait bien que j’en parle ici un jour… Figurez-vous que je viens de tourner au Japon un documentaire consacré à Miwa. Qui ça ? Miwa, la diva préférée des Japonais.

Il y a quelques années, je suis tombé sur Le Lézard Noir, un film en cinémascope réalisé par Kinji Fukasaku à la fin des années 60. On y suit les aventures mouvementées d’Akechi, un jeune détective chargé de mettre la main sur le Lézard Noir, une diabolique collectionneuse d’art qui, telle Fantomas, use de tous les gadgets pour s’approprier les oeuvres qu’elle convoite – tel un énorme diamant qu’elle rêve d’avoir dans son musée personnel. Or ce qui m’avait frappé à l’époque était la voix très masculine de ce Lézard Noir, sublime femme toute en robes du soir et fume-cigarette – la sophistication sur pieds.

Enquête fut faite : Miwa était bien un homme, un travesti devenu l’actrice et la chanteuse préférée des Japonais. Quel incroyable destin ! Cela méritait bien un documentaire.

Miwa, qui est toujours vivant aujourd’hui, et qui chante et tourne encore, est réputé inaccessible. Il me fallut user de beaucoup de tact pour le convaincre d’être interviewé pour mon projet. C’est finalement le visionnage de mon long métrage Donne-moi la main qui l’a convaincu d’accepter. De quoi être très flatté.

Miwa a travaillé avec beaucoup de monde : Mishima, Tadanori Yokoo, Takeshi Kitano ou encore Hayao Miyazaki. C’est ainsi lui qui fait la voix de la mamie du Château ambulant, ou de la louve de Princesse Mononoke.

Mais pour beaucoup de jeunes Japonais, Miwa c’est la dame qui prédit l’avenir à la télévision dans un show baroque, ou encore celle qui, telle notre Baronne de Rotschild, écrit des manuels de savoir-vivre à l’usage des jeunes filles. Pour les plus anciens, c’est celui qui personnifie Edith Piaf dans des comédies musicales à succès.

Vous voulez en savoir plus ? Une seule solution : regarder mon documentaire Miwa : à la recherche du Lézard Noir lors de sa diffusion en Janvier sur Ciné Cinéma. Ou mieux : venir à sa projection à Paris dans quelques semaines. Pour ceci, vous pouvez adhérer au groupe Facebook du film, ou encore… surveiller les annonces de Yagg, qui ne manquera pas de faire gagner des places !

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LES réactions (9)
Connaissez-vous… Miwa ?
  • Par dedale 04 Déc 2010 - 11 H 12

    J’ai hate de voir ça
    Et ce film Le Lézard Noir de Kinji Fukasaku on peut le trouver quelque part? pour le moment je ne le vois nul part

     
  • Par helene 04 Déc 2010 - 17 H 55

    C’est drôle le double bind des homos avec les transgenres (Miwa n’est pas hormonée mais vie en femme depuis des décades » Ils ne coucheraient pas pour l’or du monde avec une trans, mais elle reste quand même un homme.
    J’ai une passion pour la grande artiste qu’est Miwa, je suis fascinée de sa situation particulière dans le monde artistique japonais, loin des spectacles en play back, sans parler de ses positions politique (elle est proche du parti communiste japonais…et amie de Mishima placé à l’extreme droite).
    la façon irrespectueuse dont vous parlez d’elle ne me donne pas trés envie de voir votre documentaire.
    Un exemple: pour vous, Miwa a une voix « masculine ». Miwa a une voix grave, et trés fémine. qu’allez vous dire de Bessie Smith ou de Zarah Léander? Vous parlez d’elle au Masculin, c’est ringard.

    Miwa: certainement pas un « travesti », regardez!
    http://www.youtube.com/watch?v=oFvV8nzb8eg&feature=related

     
  • Par Pascal-Alex Vincent 05 Déc 2010 - 12 H 32
    Photo du profil de Pascal-Alex Vincent

    Merci pour votre commentaire.
    Je me permets d’y répondre, ayant eu la chance de fréquenter Akihiro Miwa à l’occasion de ce tournage, et continuant de correspondre avec lui aujourd’hui.
    – c’est Miwa lui-même qui demande qu’on parle de lui au masculin. Et pour cause : son prénom Akihiro est un prénom masculin. Si la distinction ne se fait pas en Japonais (l’équivalent de nos pronoms personnels « il » et « elle » n’existant pas sous cette forme), Miwa parle de lui au masculin quand il s’exprime en Français ou en Anglais – comme le font tous les Japonais quand ils l’évoquent.
    – Miwa proche du Parti Communiste ? Elle est bien bonne ! Ses élans de sympathie à l’égard de la gauche japonaise n’ont pas dépassé l’année 1968. Et aujourd’hui, difficile de trouver dans son discours des accents gauchistes, loin de là – même si son implication dans certains combats force l’admiration.
    – définition de « travestir » du CNTRL : « verbe trans. Déguiser une personne en lui faisant prendre l’habit de l’autre sexe, d’un autre âge ou d’une autre condition. » J’imagine que cette définition est discutable; elle me semble toutefois s’appliquer, en partie, au travail de Miwa. C’est en tous cas le mot qu’il a employé pour parler de la période de sa carrière qui s’étend de 1965 – quand il investit les cabarets transformistes de Ginza, à 1984 – quand il reprend « La Cage aux Folles » à Tokyo.
    – quant à cette histoire de « voix masculine », j’aurais peut-être du employer l’adjectif « grave », pour ne choquer personne. Oui, en effet, peut-être.

    Je respecte beaucoup Akihiro Miwa, son oeuvre et son parcours magnifiques, et tout ce qui se dit dans mon film a été approuvé par lui – y compris le champ lexical utilisé, Miwa parlant parfaitement le Français. Et si le film définitif sur lui reste à faire, le mien est une introduction, une approche, qui, je l’espère, complètera les connaissances des gens mal informés.
    Je serai heureux de vous accueillir à la projection.

     
  • Par Pascal-Alex Vincent 05 Déc 2010 - 12 H 55

    @dedale : l’exploitation du « Lézard Noir » a été interrompue par le studio Shochiku en 1996, à la demande de la veuve de Mishima (auteur du scénario, et figurant dans le film). Il n’existe donc pas de DVD du film. Toutefois, en cherchant bien sur le Net, peut-être…

     
  • Par helene 07 Déc 2010 - 3 H 54

    Cher Monsieur
    Un ami français vivant au Japon depuis trente ans, parfaitement japonisant m’envoie ce mot:
    « La langue japonaise comporte des mots féminins utilisés par les femmes uniquement et c’est ce que fait Miwa. Elle parle donc comme une femme. Et l’on s’adresse à elle ou l’on parle d’elle comme d’une femme ».
    J’ai rencontré Miwa à Paris, où elle était venue donner un récital pour la sortie du Lézard noir. Elle ne parlait que quelques mots de français (j’adore son français chanté mais on sent bien qu’il est phonétique). En rien elle ne m’a donné l’impression d’une personne « déguisée ».
    Je n’ai rien d’autre à dire…

    une interview de Miwa
    http://www.youtube.com/watch?v=QDQvhMF38jk&feature=fvw

    aprés une introduction en japonais , Miwa chante « l’hymne à l’amour » en français. Le vibrato (« kobashi ») est typique du chant japonais.C’est ce mélange des influences qui fait son charme…

     
  • Par Pascal-Alex Vincent 08 Déc 2010 - 0 H 36
    Photo du profil de Pascal-Alex Vincent

    Bonjour,
    Merci de votre message.
    Je veux bien m’en remettre à votre ami français, mais je préfère m’en remettre à Akihiro Miwa lui-même. Le documentaire a été préparé avec sa collaboration, et tout ce qu’on y entend a été soumis à l’intéressé et à son équipe – et plutôt deux fois qu’une. Akihiro Miwa est co-producteur du film, il a fait venir une interprête de son choix pour être sûr que tout ce qu’il dit soit exactement traduit – même s’il a fait Français en première langue étrangère. L’emploi du masculin le concernant est de sa volonté, pas de la mienne. Je précise que son staff m’a repris toutes les fois où j’ai parlé de lui au féminin, car, encore une fois, Akihiro est un prénom masculin, qu’il n’a jamais voulu changer (contrairement à son nom de famille « Miwa » qui est un « pseudonyme »). Toute la terminologie utilisée dans le film, y compris dans mon commentaire en voix-off, a été soumis en Français, Anglais et Japonais à la star et à son équipe.
    C’est avec beaucoup de respect pour Miwa que j’ai entrepris ce film, et avec le souci d’exactitude que l’artiste exigeait, en vérifiant tout à la source, et en faisant viser maintes et maintes fois le travail en cours. Miwa s’est déclaré heureux du résultat, qui sort au Japon en version longue.
    Et c’est sans malice ni volonté d’offense que j’échange aujourd’hui avec vous.

     
  • Par Voisin Blogueur 09 Déc 2010 - 20 H 09

    Ah !! Bonne nouvelle cette annonce de projection !
    Vivement…

     
  • Par dedale 13 Jan 2011 - 0 H 18

    j’ai vu sur facebook que la projo du 17 était complète avant même d’avoir pu apprendre comment s’y inscrire, je suis un peu déçu

     
  • Par helene 28 Nov 2014 - 17 H 45
    Photo du profil de helene

    Quand je l’ai rencontrée à Paris, au moment de la sortie du Lézard Noir (où elle fit un trés beau récital) elle parlait trés peu le français , mais pas au masculin. Mes amis vivant à Tokyo me disent que quand elle parle elle emploie les désinences féminines de la langue japonaise.
    Elle a adopté en 1959 un rôle féminin dans la vie…Pourquoi parlerai -t-elle d’elle au masculin? Et pourquoi, elle dont le plus grand succès -écrit de sa main- est une chanson de mineur n’aurai-elle pas soutenu le parti communiste japonais, comme la reine du blues japonais Awaya Noriko?

     
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