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J’étais à… Cardiff avec Brent Corrigan

15 octobre 2009
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Dans la nuit du 8 au 9 Octobre dernier, à 4h50, l'alarme-incendie de l'Holiday Inn où je séjournais à Cardiff  s'est déclenchée, propulsant immédiatement les 150 pensionnaires de l'hotel sur le trottoir mouillé. Parmi les hommes d'affaire en peignoir et caleçon, je repère un garçon tout seul, grelottant comme moi - il fait 10 degrés de moins qu'ici. Ce garçon, c'est Brent Corrigan, et j'ignore alors que c'est une célébrité.

brent

Brent est tout juste débarqué de Californie, c'est son premier voyage en Europe, et il en tournée promotionnelle pour "Boys on Film 3", un DVD dans lequel il apparait. Je demande à le revoir : après tout nous sommes deux étrangers perdus dans une ville lointaine et pluvieuse, alors... autant se serrer les coudes. Surtout avec ces hotels peu tranquilles, qu'une cigarette réussit à vider au milieu de la nuit.

Sauf que partout on nous allons, Brent se fait reconnaître - surtout par les garçons qui aiment les garçons. Je me fais rencarder par mon ami anglais Simon : en fait, Brent Corrigan est une porn-star,  qui vend beaucoup de DVD, et qui a deffrayé la chronique aux Etats-Unis il y a 2 ans pour une affaire de meurtre. Fichtre ! Me voilà dans de beaux bras ! Dès que je parle à Brent, je ne peux plus m'empêcher de voir le signal "Danger'" clignoter au dessus de sa tête. Je lui demande donc de me raconter son histoire autour d'un café. Brent accepte, mais il faut que je l'appelle Sean (son vrai prénom). OK, Sean.

Donc, pour résumer : Brent a été élevé par sa mère, psychiquement instable, qui ne peut pas vraiment s'occuper de lui. A l'âge de 17 ans, il rencontre deux messieurs plus âgés, qui lui proposent de tourner un film X gay. "Nous n'avions pas d'argent pour survivre, ma mère et moi, et j'ai accepté, sans vraiment savoir dans quoi je mettais les pieds." Le tournage  a lieu bareback : Brent ne savait même pas qu'il pouvait demander un préservatif. L'horreur. Les rushes sont répartis sur 4 DVD, qui se vendent par camions dans le monde entier... avant d'être illico retirés de la vente. C'est que Brent est mineur, et la justice américaine s'est emparée de l'affaire, pour un procès interminable, où Brent est accusé d'avoir falsifié ses papiers pour pouvoir tourner (il sera finalement innocenté).

Brent tombe alors sous la coupe d'un certain Bryan, qui devient son mentor, son producteur, son agent et accessoirement... son mec. Retour à la case porno. Brent me dit qu'il était très amoureux, au point de ne pas voir à quel point ce Bryan le manipulait. Allez, Sean, il n'y a pas que des gens méchants, je te promets, ai-je envie de lui dire. Mais je me retiens. Bref, l'histoire tourne court : le Bryan en question est assassiné sauvagement, et mon petit Brent se retrouve sur le banc des suspects. L'histoire fait la une des journaux à Los Angeles - et sera même racontée dans un article de fonds de Rolling Stones.

Mais Brent n'a pas vraiment de motif, et les soupçons se tournent vers deux autres producteurs véreux. Mon petit Brent est alors couvert de micros pour tendre un piège aux suspects (Thibault me dit : oui, mais être couvert de micros pour un acteur de porno, c'est pas commode). Les deux suspects en question avouent le meutre à Brent, les aveux sont enregistrés, et les deux méchants arrêtés. Eh ben ! Moi je dis : avoir vécu tout ça à l'âge de 21 ans, Sean, t'es courageux, bonhomme !

Aujourd'hui, Brent Corrigan veut devenir réalisateur et producteur... de X. Mais son credo est le suivant : tournage cool, avec des garçons qui ont vraiment envie d'être là, et qui choisissent leur partenaire. A-t-il pour ambition d'anoblir le milieu, voire le genre  ? "Ce que je fais est tout sauf noble. C'est juste... différent." Brent aimerait bien faire du cinéma "traditionnel" : il a joué dans Another Gay Movie 2 et Harvey Milk. Mais il ne se fait pas d'illusions : "Mon CV d'acteur porno me ferme les portes de ce cinéma-là". 

Je raconte à Sean que partout où nous allons, les gens chuchotent "Eh... c'est Brent Corrigan", mais ça ne le fait pas rire : d'après lui, les gens sont surtout terrorisés à cause de cette affaire de meurtre, où la période en mode "suspect" a beaucoup plus été exposée, selon lui, que la période en mode "innocenté". Sean s'exprime dans un très bel Anglais, au vocabulaire riche, et est drôlement cultivé.

Brent 3

J'invite Sean à l'avant-première de Donne-moi la main, sans croire une seconde qu'il viendra. Il viendra, et me couvrira de compliments après la projection. Ouip ! Je ne sais pas pourquoi, ces compliements-là me touchent particulièrement.

Le lendemain matin, alors que j'attends la voiture qui doit me ramener à l'aéroport, je croise Sean dans le hall de l'hotel : il est habillé pour aller faire de l'équitation, sa passion N°1, qu'il pratique aussi en Californie. Nous nous disons au revoir, sous la pluie.

Laché vos com !

 

 

 

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5 Commentaires sur “J’étais à… Cardiff avec Brent Corrigan”

  1. Waw ! C’est clair. Quelle vie !
    Et juste comme ça… Il fait qui dans Hravey Milk, parce que j’ai le DVD alors ! DINGUE QUAND MEME
    Bon, bonne nuit monsieur.
    Bon Montréal.
    See you.

  2. Alors lui, pour un regard, je pars élever des chèvres pieds nus dans l’Ohio. Et si en plus il est cultivé…

  3. Ecrire sur Yagg et ne pas connaître Brent [Sean Paul Lockhart] Corrigan, cela semble être un non-sens ! ;-)
    Faut-il être un porno-addict pour avoir vu ou entendu parler du petit Californien ? Je ne le crois pas… En tout cas j’aurais préféré être réveillé par une bise de Brent plutôt que par une alarme incendie. Même si c’était pour se retrouver avec lui en pleine nuit sur le trottoir humide d’une ville galloise…

    http://myblog.brentcorriganinc.com/

  4. Désolé, j’oubliais de préciser : un grand merci pour « Donne-moi la main ». J’ai adoré. Simplement superbe. J’en redemande. Une chance, j’ai acheté le DVD, donc je peux en (re)prendre plein les yeux et les oreilles quand je veux.
    Bonne continuation !

  5. Tu raconteras la fois où tu as rencontré Chastity Bono aussi? :)

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